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QU'EST CE QUE LES VIOLENCES CONJUGALES ?

UN PROBLEME DE SOCIETE

La violence conjugale est un phénomène de société, elle touche toutes les catégories sociales, toutes les cultures.

Cette violence n'est pas accidentelle, elle n'est pas le résultat d'un simple conflit, ni le symptôme d'une union en difficulté, elle est un comportement inacceptable puni par la loi. C'est un abus de pouvoir dans un relation de couple où l'un des partenaires utilise un rapport de force pour contrôler l'autre.

La violence conjugale bénéficie du secret de l'espace privé, ce qui permet aux auteurs d'asseoir leur contrôle en toute impunité. Elle constitue la forme la plus fréquente de violence envers les femmes.

QUI CONCERNE-T-ELLE ?

Il n'existe pas de profil-type de femmes victime de violence conjugale. Toute femme peut, un jour, se retrouver sous l'emprise d'un ami, d'un partenaire ou d'un conjoint violent. Mais l'histoire personnelle, des périodes de fragilité, de vulnérabilité, peuvent devenir facteurs de risque. La femme victime de la violence n'est pas nécessairement une personne sans ressources. C'est peut-être votre collègue de travail, cette commerçante chaleureuse, cette enseignante, votre médecin, cette jeune cadre dynamique... et dont on ne soupçonne pas l'enfer quotidien.

LES FORMES DE VIOLENCE

La violence verbale
Pour exprimer reproches, mépris ou menaces, beaucoup d’hommes crient, s’énervent hurlent, deviennent agressifs, parlent plus fort que la femme pour l’empêcher de parler. Parfois au contraire, ils opposent à leur femme un silence méprisant, ils ne répondent pas à ses questions, ne l’écoutent pas et refusent tout dialogue.

La violence psychologique
L'agresseur renvoie à la victime une image d'incompétence, de nullité. Il l'atteint dans son image et dans son identité. La victime perd progressivement confiance en elle et en ses possibilités. Elle s'isole, s'enferme dans la honte. Cette violence peut conduire à la dépression, à l'alcoolisme, au suicide.

La violence physique
Celle ci se manifeste sous de multiples aspects : les femmes décrivent des coups sur le corps ou sur le visage, plus précisément coups de pieds, coups de poing, gifles. Leur partenaire leur tape la tête contre le mur, leur tire les cheveux, leur crache dessus, les pousse dans les escalier, les empoigne, les secoue, les bouscule, les étrangle, les jette contre les vitres ou contre les murs, leur tord les poignets, les immobilise pour les empêcher de se défendre, leur saute dessus, les jette hors du lit, leur casse un objet sur la tête ou le corps, lance un objet contre elles, les prend par la peau du ventre, les marque pour les empêcher d’aller au travail, leur donne la fessée, leur arrache les habits, etc. Les femmes se retrouvent parfois chassées de l’appartement : certaines trouvent la porte fermée quand elles rentrent ou sont séquestrées : par exemple enfermée dans une pièce pendant des heures. Plus grave encore, certains hommes menacent de tuer leur partenaire avec un objet dangereux (couteau, revolver, fusil…)

La violence sexuelle
La violence sexuelle est la plus cachée. L'homme violent oblige sa compagne à avoir des rapports sexuels malgrés elle, avec lui ou avec d'autres partenaires. Il peut parfois la forcer à sa prostituer. Les viols, les agressions sexuelles, les rapports acceptés sous la contraintes ou pour calmer le partenaire sont réguliers. Les victimes ont beaucoup de mal à parler d'une violence liée à une sexualité, bien qu'il s'agisse de viol ou d'agression sexuelle punis comme tel, ces actes restent associés au devoir conjugal.

La violence économique
La violence économique s'exerce différement selon les milieux : allocation familiales ; revenus déposés sur un compte dont seul le partenaire détient la signature ; biens immobiliers mis sous la gestion de monsieur ... La violence écomnomique a pour objet de déposséder la victime de toute possibilité d'autonomie financière.

DES CYCLES QUI S'INSCIVENT DANS UNE SPIRALE...

La violence conjugale se développe par cycles de plus en plus rapprochés, dont l'intensité et la fréquence peuvent conduire à la mise en danger de la vie de la victime et de ses enfants.

L'escalade
D'abord, un couple qui va plutôt bien,ensuite, petit à petit, une tension qui s'installe dans la relation. Pour éviter une scène, la victime tente par tous les moyens de faire baisser la tension de son partenaire. Elle devance et se plis à ses exigences. Elle a peur, et la peur la paralyse, la tétatanise.

L'explosion
L'épisode violent aura lieu, quelle que soit la forme de violence utilisée. L'auteur donne l'impression de perdre le contrôle de lui-même: "il dit qu'il ne peut pas s'en empêcher". La victime se sent démunie, anéantie.

Le transfert de responsabilité
La crise a eu lieu, l'auteur utilise le prétexte déclencheur pour transférer cette responsabilité à sa victime.
La victime, elle, intériorise cette responsabilité, elle le connaît bien, elle sait bien qu'il n'aime pas qu'elle s'habille comme ça, qu'elle travaille, qu'elle parle avec ses amis... c'est sa faute, elle en oublie sa colère et, pour que cette violence cesse, elle pense que c'est à celle de changer de comportement. La victime endosse la responsabilité de l'épisode violent et l'auteur de la violence reprend très rapidement une vie normale.

La lune de miel
Après la crise, l'auteur qui craint de perdre son objet sa compagne commence à exprimer des regrets tout en minimisant les faits et justifiant son comportement. Il veut se réconcilier, demande pardon, supplie, veut "recommencer à zéro". La victime veut y croire puisqu'elle redécouvre l'homme qu'elle a aimé. Plus l'emprise de la violence sur la victime est forte, plus les périodes de lune de miel s'amenuisent pour finir par disparaître. Le seuil de tolérance à la violence commence à déstabiliser l'entourage.
C'est pendant cette période de lune de miel, parce qu'elle croit que tout peut changer, que la victime retire sa plainte, revient au domicile, rompt toute relation avec l'entourage.
C'est aussi pendant cette période, et souvent parce qu'ils ne connaissent pas le processus de cette violence et l'emprise qu'elle exerce sur les victimes, que les amis, la famille, les voisins, les collègues, les professionnels ne comprennent plus et, désarçonnés, ce promettent de ne plus intervenir.

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QUELQUES IMAGES

Une écoute? Une information? SOS Femmes Nantes: 02.40.12.12.40 / sos-femmes-nantes@wanadoo.fr
Pour toute la France Fédération nationale Solidarité Femmes: 01.40.33.80.60 (Ecoute jusqu'à 23 h 00)